...du Métier de Céramiste

Le métier de Céramiste est riche des variétés de terre, des nombreuses techniques de façonnage et des différentes manières de décorer.

La terre ou l’argile utilisée en céramique est sans doute un des matériaux le plus abondant et le plus accessible sur notre planète. Elle est le résultat de l’érosion de roches constituées principalement de silice et d’alumine. Les particules arrachées à la roche ont souvent été entraînées par l’eau et le vent très loin de leur lieu d’origine pour finir par sédimenter au fond des mers et des lacs. Puis, des milliers d’années plus tard, les événements géologiques (séismes, baisse du niveau des mers, tectonique des plaques…) rendent ces terres accessibles aux céramistes.

Les variations de proportions entre silice et alumine ainsi que la présence d’autres minéraux expliquent la grande variété en couleur, malléabilité, texture. Cela aura aussi une influence sur la température de cuisson et donc sur les caractéristiques de la céramique terminée (étanchéité, couleur, résistance au feu, au gel, translucidité…).

On peut travailler directement une argile trouvée au hasard d’une promenade, mais le plus souvent, on préférera lui faire subir des opérations d’épuration (élimination des cailloux, racines…), de concassage, de pressage, de malaxage afin d’obtenir une terre homogène et plastique.

Il existe différentes catégories de terre dont les principales sont la faïence, le grès et la porcelaine. Les différences de composition entre ces 3 catégories induisent des températures de cuissons différentes et donc des caractéristiques différentes pour la pièce finale. La faïence restera poreuse et donc non étanche si on ne l’émaille pas. En revanche, le grès et la porcelaine donneront des pièces “fermées” après cuisson, c’est à dire étanche même sans émaillage.

Enfin, la terre peut être préparée sous différentes formes :

– sous forme de pains dont la teneur en eau la rend immédiatement utilisable pour le tournage ou le modelage

– sous forme de poudre, qui, par ajout d’eau, donnera une terre de coulage pour le moulage

– dans certain cas, de la chamotte est ajoutée à la pâte. Il s’agit d’argile cuite à haute température puis broyée plus ou moins finement. Elle permet de faciliter le séchage et rend les pièces plus robustes notamment pour les grandes dimensions.

Plusieurs techniques s’offrent au céramiste pour mettre en œuvre la terre.

La plus simple et la plus immédiate est le modelage. Elle ne demande aucun outil et permet tout de même de fabriquer une grande variété d’objets : utilitaires comme les bols pincés ou artistiques comme les sculptures.

Le tournage sera préféré pour la plupart des pièces utilitaires. Il permet de travailler rapidement et en série. La rotation combinée au pincement des mains élève la paroi et permet sa mise en forme. Après une première phase de séchage, le tournasage viendra parfaire la forme de la pièce au niveau du pied.

Le colombinage consiste à assembler des rouleaux de terre ou colombins les uns sur les autres. Il est possible de réaliser aussi bien des petites pièces que des pièces volumineuses.

Pour le travail à la plaque, on prépare des plaques de terre de l’épaisseur souhaitée. Elles peuvent être ensuite estampées dans des moules en plâtre, notamment pour fabriquer des pièces à fond plat (plateau, assiettes, plats,…). L’assemblage de plaques autorise des objets ou des sculptures architecturales.

Le moulage d’une argile liquide dans des moules de plâtre reproduira une même pièce à l’identique.

Avec d’autres techniques comme le calibrage et le pressage, le travail manuel laisse la place à un travail plus mécanisé.

  • Une fois réalisée, la pièce doit sécher. On pourrait penser que c’est une étape où le céramiste n’a pas à intervenir. Il est vrai que la main du céramiste intervient peu au cours de cette étape. Cependant la surveillance du séchage est nécessaire pour éviter l’apparition de fissure et garantir un séchage homogène de la pièce. On privilégie alors un séchage lent, dans un lieu exempt de courants d’air.
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Le séchage se déroule en 2 phases :

   – Une 1ère phase où la pièce atteint le « stade du cuir ». La terre perd en plasticité et en malléabilité mais conserve une souplesse qui fait penser à celle du cuir. Lors de cette phase, l’eau qui se trouvait entre les particules d’argile s’évapore. Les particules se rapprochent les unes des autres si bien que la pièce se rétracte. C’est le phénomène de retrait, c’est-à-dire que la taille de la pièce diminue dans les 3 dimensions (hauteur, largeur, longueur). La variation de taille est de l’ordre de 2 à 10% selon le type de terre.

  •    – Lors de la 2ème phase, le restant de l’eau libre s’évapore, la pièce change de couleur (généralement elle s’éclaircit), elle devient alors très fragile et reste soluble dans l’eau. En effet, une pièce complètement sèche plongée dans l’eau se décomposera totalement en barbotine en quelques dizaines de minutes.

Les techniques de décors sont variées et peuvent intervenir à différents stades de la pièce :

Au stade « du cuir », on peut faire :

   – du garnissage sur la pièce c’est-à-dire ajouter des éléments en terre par collage avec de la barbotine.

   – de l’embossage : des objets (tampons, feuilles, …) sont appliqués sur la terre et laissent ainsi leur empreinte

   – de l’ajourage : il consiste à découper et percer la paroi de la pièce selon des motifs géométriques ou libres

   – de la sculpture en bas-relief : il est important de prévoir dans ce cas une épaisseur de paroi suffisante pour créer les différents plans du bas-relief

   – de l’engobage : la pièce est trempée dans un bain de terre liquide dont la couleur est différente de la pièce (naturellement ou à l’aide d’un colorant de masse).

Sur pièce sèche, on peut réaliser :

   – un décor au pinceau à l’aide de colorants de masse dilués dans l’eau ou dans un engobe ou de jus d’oxydes métallique (chrome, cuivre, fer…)

   – un décor avec une poire à engobe

   – du sgraffitage à l’aide d’une pointe sur une pièce préalablement engobée : la pointe permet de gratter la couche d’engobe et fait ainsi réapparaître la couleur de la terre du dessous

Sur pièce biscuitée ou dégourdie, c’est-à-dire après une première cuisson, on pourra appliquer :

   – un émail transparent pour étanchéifier une pièce et/ou fixer un décor préalablement réalisé avec un colorant ou un oxyde

  •    – un émail opaque, il étanchéifie également la pièce mais par sa composition apporte une couleur, une texture (lisse, craquelée…) et un aspect (mat, satiné, brillant) spécifiques. Les possibilités et les recettes sont infinies et une source de recherche permanente pour le céramiste. 

Elle a généralement lieu en 2 fois :

  • La première cuisson se déroule autour de 1000°C. Elle  transforme la terre crue en céramique. C’est-à-dire qu’à l’issue de cette cuisson, l’objet résistera à l’eau : il ne se délitera pas.
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  • La deuxième cuisson sert généralement à fixer l’émail appliqué sur le biscuit ou le dégourdi issu de la 1ère cuisson. A l’issue de cette cuisson, l’objet est terminé. Cette cuisson a lieu entre 1000 et 1350°C selon le type de terre.
 
Au cours des cuissons, le phénomène de retrait se poursuit de 1 à 15% selon le type de terre.
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Cependant, il peut arriver qu’une 3ème cuisson soit nécessaire dans le cas de décors faisant intervenir des lustres métalliques ou bien pour certaines techniques de transfert d’image.

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